Catherine Coutelle : « Ce combat que vous menez est loin d’être simplement « symbolique» »

21 mai

CREDITS ALAIN MONTAUFIER

CREDITS ALAIN MONTAUFIER

Ne pouvant participer à notre conférence de ce jeudi 21 mai, Catherine Coutelle, Députée de la Vienne, Présidente de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, a tenu à adresser un message de soutien et d’adhésion.Elle a également affirmé son soutien dans Le Parisien daté du 21 mai 2015 :  http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/en-finir-avec-une-logique-discriminatoire-21-05-2015-4788465.php

« Quelques mots pour vous dire, tout d’abord, que j’aurais bien évidemment aimé être parmi vous ce soir et vous apporter de vive voix, tout mon soutien.  

Ce combat que vous menez, et je vous remercie, toutes et tous, de le mener, est loin d’être simplement « symbolique» : je suis convaincue que parler de « droits humains » est une réelle nécessité, d’autant plus dans le contexte mondial que nous connaissons. Je m’explique, avec un exemple sur lequel nous nous sommes battues au Parlement il y a peu : celui de l’industrie textile qui, en quelques décennies, s’est réorganisée en déplaçant sa production vers l’Asie, à la recherche du moindre coût. Qui a conscience qu’en achetant un Pull 29€ dans la grande surface voisine, l’ouvrière – puisque ce sont majoritairement des femmes – reçoit 18 centime d’euros, le peu qui reste après ce qui revient à la marque, au magasin, aux intermédiaires ?

Il faut hélas des catastrophes comme celle du Rana Plaza en 2013 pour obliger le monde à regarder en face ces terribles conditions de travail. Parmi les victimes de cette catastrophe, une grande majorité de femmes. Au Bangladesh elles sont  80%  des ouvrier-e-s du textile.

Dans un texte discuté il y a peu à l’Assemblée nationale, qui visait justement à améliorer ces conditions de travail, mais qui parlait de « Droits de l’Homme », j’avais expliqué qu’utiliser « droits humains » serait un message fort : pour dire aux grandes marques françaises, qui font fabriquer à bas coût en Inde, en Chine, au Bangladesh, que les droits des femmes sont des droits humains, et doivent être respectés. Cet amendement n’a pas été adopté, mais à une voix près, ce qui est, finalement, plutôt encourageant !

L’histoire de la langue française nous montre que les mots sont marqués par les inégalités entre les femmes et les hommes. Pour preuve : il a fallu attendre la loi pour l’égalité réelle du 4 août dernier pour que le code civil ne dise plus « en bon père de famille », pour parler de la conduite prudente et raisonnable d’un parent, homme ou femme ! Petit à petit, nous avançons. Continuons, pour en finir avec la logique discriminatoire encore véhiculée par la langue française et pour faire en sorte que la France parle à son tour de « droits humains », comme partout dans le monde.

Je vous souhaite une très belle conférence,

Catherine Coutelle »

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