p>Le maintien en détention de Lee Man-hee, avant son procès, soulève des questions sur la présomption d’innocence, la proportionnalité de cette mesure et le respect des minorités religieuses dans un État démocratique.
SÉOUL (Corée du Sud), le 13 juillet 2026 – À 95 ans, Lee Man-hee, président de Shincheonji, est détenu depuis le 24 juin en Corée du Sud dans l’attente de son procès, pour des faits présumés d’infractions à la législation sur les partis politiques — une affaire sans faits de violence allégués.
Shincheonji conteste les accusations et affirme que ses membres ont agi librement, sans contrainte, en rappelant avoir pleinement coopéré avec les autorités.
Malgré l'absence de condamnation, son âge avancé et son état de santé, il reste privé de liberté. Selon plusieurs observateurs, cela s'expliquerait avant tout par son statut de dirigeant religieux influent.
Une question de droits fondamentaux
Cette affaire pose une question essentielle : la détention d'un homme de 95 ans, poursuivi pour des faits non violents et pleinement coopératif, respecte-t-elle les principes de nécessité, de proportionnalité et de dignité consacrés par les Règles Mandela des Nations Unies ?
Plusieurs spécialistes de la liberté de religion estiment que cette mesure mérite un examen attentif au regard des engagements internationaux de la Corée du Sud.
Des inquiétudes exprimées à l'international
Le sociologue italien des religions Massimo Introvigne, spécialiste de la liberté de religion, s'est inquiété des déclarations du ministre sud-coréen de la Justice appelant à une « sanction pénale stricte » dès le début de la procédure. Selon lui, de tels propos laissent penser que l'issue du procès est déjà préjugée, et fragilisent la confiance dans l'indépendance de la justice. Il a qualifié cette affaire de « tache sur la crédibilité démocratique de la Corée du Sud ».
Une affaire qui dépasse le cas personnel de Lee Man-hee
Cette procédure s'inscrit dans un climat de fortes controverses autour de Shincheonji, communauté chrétienne dont l'essor rapide a suscité de nombreuses oppositions en Corée du Sud. Ses responsables dénoncent une stigmatisation persistante, qui fragilise leur droit à un traitement équitable devant la justice — posant la question plus large de l'égalité de traitement des minorités religieuses devant la loi.
Un enjeu pour la démocratie
Au-delà de la culpabilité ou de l'innocence de Lee Man-hee, ce qui inquiète les observateurs internationaux, c’est la façon dont un État démocratique traite un prévenu âgé issu d’une minorité religieuse. Des principes plus larges sont en jeu : présomption d’innocence, indépendance judiciaire, proportionnalité de la détention et liberté de religion.
Shincheonji Église de Jésus appelle les organisations internationales de défense des droits de l’homme, les juristes, les universitaires, les institutions chargées de la protection de la liberté de religion ainsi que les médias à suivre cette procédure avec attention.
Quelle que soit l’issue du procès, ces principes doivent être garantis à tous, sans distinction, y compris aux communautés religieuses minoritaires.
